« Tombée amoureuse » de la harpe qu’elle découvre lors d’un concert de Marielle Nordmann, Anja Linder s’inscrit à 10 ans au conservatoire et devient à son tour harpiste. Mais, alors que sa carrière débute, elle est victime d’un terrible accident, en 2001, lors d’un concert en plein air, un platane s’abat sur la foule.Le bilan est tragique : 13 mort·es et une centaine de blessé·es. Anja Linder est hospitalisée pendant deux ans et perd l’usage de ses jambes. Elle ne renonce cependant pas à rejouer de son instrument : « C’était pire pour moi que d’arrêter de marcher. J’ai tout fait pour rejouer de la harpe, car la harpe est le prolongement de ce que je suis. »
En fauteuil roulant, Anja Linder refuse d’être réduite à son handicap. Elle est avant tout une musicienne à part entière, qui joue désormais un instrument électropneumatique développé et construit spécialement pour elle, l’Anjamatic. Les pédales de cette harpe sont remplacées par un système piloté par ordinateur et actionné par un petit câble que la musicienne serre entre ses dents. Ce dispositif, qui repousse les limites physiques de la harpe, lui ouvre d’ailleurs un répertoire considérablement élargi. On ne saurait dès lors distinguer Anja Linder de sa harpe tant elles se complètent et finissent par se confondre : « Entre ma harpe et moi, il y a quelque chose de ventral. Ses vibrations me soignent. »
Programme :
Wolfgang Amadeus Mozart Sonate en mi mineur K 304 (Transcription pour harpe par Anja Linder)
Piotr Illitch Tchaïkovski valse sentimentale et None but the lonely heart
Astor Piazzolla café 1930
Eugène Ysaÿe : sonate pour violon solo
John Thomas : l’adieu du ménestrel à son pays natale ( harpe solo )
Francisco Tarrega : Recuerdos de la Alhambra ( harpe solo )
Manuel de Falla : extraits de la suite populaire espagnole
Germaine Tailleferre : vocalise
Béla Bartók : Danses roumaines
