En 2011, le professeur Martin Jarvis jette un pavé dans la marre. Après des années de recherches, le musicologue et chef d’orchestre australien prétend que certaines des plus belles pages du plus célèbre des compositeurs baroques, Jean-Sébastien Bach, ont été écrites par Anna Magdalena, sa seconde épouse, qui était jusque-là simplement considérée comme sa copiste. Il s’agirait notamment des Suites pour violoncelle seul, ainsi que du Prélude en do majeur du Clavier bien tempéré. Le monde feutré de la musique crie au scandale. Les arguments blasphématoires sont rejetés sans même parfois avoir été étudiés.
Le documentaire est conçu comme une enquête policière recoupant les indices, croisant les éléments de preuves et les témoignages. L’analyse de Martin Jarvis y est appuyée par Heidi Harralson, experte américaine en examen légal de documents,qui analyse les partitions d’un point de vue graphologique, et Sally Beamish, compositrice anglaise dont la connaissance dans le processus de création musicale vient renforcer l’approche de Jarvis.Que l’on soit convaincu, dubitatif, sceptique ou récalcitrant face à cette thèse, elle a au moins le mérite de rappeler combien la contribution des femmes est sous-estimée dans l’histoire de la musique. C’est ce dont les élèves du département de musique ancienne du Conservatoire de Bordeaux témoigneront en interprétant des œuvres du répertoire baroque féminin à l’issue de la projection.
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